Histoire de Ricaud

PRESENTATION DE LA COMMUNE 

Ricaud est un village de plaine, situé dans le Nord-Ouest du Département de l’Aude, en région Occitanie,  positionné entre Castelnaudary et Villefranche-de-Lauragais. 

Sa population est de 325 habitants au 1er janvier 2024, appelés Ricaudoises et Ricaudoises. 

Sa superficie est de 618 hectares.

La commune appartient à la Communauté de Communes Castelnaudary Lauragais Audois. Son code postal est 11400.

LISTE DES MAIRES DE 1792  A NOS JOURS

 1792                    Gaspard ESPIEUTE

 1803- 1807           Jean SAC

 1807 – 1830          François LAFFONT             

 1830 – 1831           Jean BARRE

 1832 – 1833           François ESPIEUTE

 1833 – 1848           Paul CAMMAS

 1848                    François ESPIEUTE  (mars à juillet)

 1848 – 1856           Pierre ESPIEUTE

 1856 – 1859           Antoine CAZALA

 1859 – 1870           André LAGARDE

 1870 –  1880          Amédée CRISPON

 1881 – 1883            Isidore CRAMAUSSEL

 1884 – 1892           Raymond MAILLEBIAU

 1892 – 1896           Isidore CRAMAUSSEL

 1896 – 1933            Emile RAYNAUD

 1933 – 1957            Joseph RECORD

 1957 – 1965            Antoine JORDY

 1965-1977              Antoine MAILLEBIAU

1977-1991                André JAUZOU

1991-2004              André BONDOUY

 Depuis 2004         Nicole MARTIN

 

HISTOIRE de RICAUD

            Même s’il y a très peu de traces du passé, le village est ancien et son histoire peut être racontée à partir de documents d’archives.

LES ORIGINES

Au 1° siècle AJC, le long de la voie romaine –VIA AQUITANIA– qui relie Toulouse à Narbonne, une station dénommée FINES est implantée au niveau des Pesquies.

Fines est le point limite entre les deux cités que sont Carcassonne et Toulouse mais c’est aussi une agglomération gallo-romaine à vocation commerciale qui sert d’étape sur cet axe majeur de circulation dont le tracé correspond jusqu’à Castelnaudary, à la RN 113.

La table de PEUTINGER est le document de référence qui nous donne des indications sur ce site historique. C’est un rouleau de parchemin de 6 m x 0,30 sur lequel sont reportés  200 000 km de voirie du monde romain. Ce guide du routard indique  les itinéraires, les stations étapes, leur degré de confort et les distances. Pour la Narbonnaise, l’unité est le mile qui correspond à 1,482 km. Ce qui met Fines à 34 miles de Tolosa soit 50,4 km.

Cette station au niveau de confort moyen ne survivra pas au delà du 3° siècle de notre ère.

Il n’en demeure pas moins que ces peuplades antiques ont dévié de l’axe principal pour venir s’établir dans le village, au niveau du terrain de sport où existe une villa gallo-romaine.

LE NOM DE RICAUD

Ce n’est qu’en 1781 que le village a pris l’appellation que nous lui connaissons car il s’est successivement dénommé Recalt, Recaut, Ricaltum,Recaure, Ricauta, Ricaudo, Rotaldo, Ricault.

Toutes ces variantes, dont la première date de l’an 1190, ont une constance qui est la racine rec: ruisseau suivi de alt, aut, altum: hauteur.

Ceci correspond à la topographie du village qui s’est originairement développé sur une hauteur exposée au sud et dominant une zone marécageuse, elle même alimentée par le ruisseau de la NAUBE.

Cette partie historique correspond à la place du village et au château  qui sont en surplomb de la route d’Airoux , laquelle traverse le secteur humide occupé par la fontaine et l’étang creusé dans le parc du château. C’est la zone la plus basse située à 165 m.

Les appellations anciennement données à des fermes et hameaux nous permettent de dire que Ricaud est un village où l’eau et les cailloux abondent

Ainsi, les Mariets, les Marcouls, les Pesquies trempent leurs racines dans l’eau qui ruisselle (mar) ou qui stagne (pesquié= mare).

Les terres de Gris dont le terme signifie sol rocailleux, gréseux regorgent de cailloux; il en est de même pour les Chantiers lieu pierreux qui a donné lieu aux 18 et 19° sc. à une activité d’extraction du gypse et de la pierre.

Il suffit d’arpenter ces territoires pour comprendre combien nos anciens savaient observer les lieux et donner du sens à leur environnement.

L’OCCUPATION DE L’ESPACE ET L’EVOLUTION URBAINE

Le cadastre de 1823 délimite un espace de 592  ha avec un coeur de village, 3 hameaux – les Mariets, les Fromages, le Marcoul et 12 métairies – Cahuzac, Juge, Procureur, Cammazou, Icard, Miraillou, Bourdic, Belle-Vue, Bigarrats, Pesquies, Pech-Busque, Gris.

Plus tard (révision de 1934) viendront s’ajouter la Remise, 2 Borde-Neuve, Treize trous, le Cammas.

A l’époque féodale, cette occupation de l’espace était bien différente car Ricaud était constitué de terres en voie de défrichement qui dépendaient du tènement de Recaudum (groupement de terres seigneuriales) avec Mas Stes Puelles, Labastide d’Anjou et Pech Busque.

Par le fait de l’histoire, des guerres et des mariages, le système s’est démembré qui a abouti à la création de 4 communautés indépendantes, propriétés de nobles qui exerçaient le droit de justice basse et moyenne et percevaient toutes sortes de taxes auxquelles s’ajoutaient les corvées.

Ces seigneurs sont les SAN ANDREO CAP DE PORC (12° sc), les DE RICAUD dont un, Raymond, a guerroyé contre Simon de Montfort chef de la croisade contre les albigeois.

Au 16° sc.il y eut les DE GISCARD barons de Ricaud, puis les DUCUP  et ensuite les De BOUZAT emportés par la tourmente révolutionnaire.

 LA CONFIGURATION DU VILLAGE

Dès le 16° siècle et peut être antérieurement  la communauté ricaudoise vivait à l’intérieur d’un fort d’une douzaine d’hectares, lequel a existé jusqu’en 1830. On y trouvait des terres cultivables de bon rapport, 2 moulins, une maison noble , une petite église jusqu’en 1700, des dépendances et un groupement de maisonnettes. L’ensemble s’étendait du ruisseau de la Naube au bord supérieur de la vallée du Fresquel , ce qui correspond au quasi périmètre du château.

C’est la famille Crispon Pierre, Justin, Emile et Amédée, des négociants fortunés issus du Cantal qui achètera le fort et autres métairies. Elle constituera  un domaine de 130 hectares  et exploitera une partie des carrières de gypse et de pierre.

Du fait d’une population grandissante (1793: 388 habitants, 1846: 603 h. 2012: 291 h.), le village s’est étendu hors les murs. Les maisons se sont construites en continu le long de la rue  de la Mairie jusqu’au carrefour de St Christophe et autour de l’église face au soleil, en parallèle de la Naube.

En 1827, la rue du Moulin (qui conduit à Soupex) a été reconfiguré dans sa totalité par échange de terrains entre la mairie et J.Crispon; puis la rue du Lavoir a été ouverte alors que l’urbanisation s’arrêtait au niveau du presbytère (actuelle maison des associations).Au delà, c’était le cimetière qui a été transladé en 1887 à son endroit actuel.

 En 1934, année d’inauguration du carrefour de St Christophe, la limite du village se situait au niveau de la maison Record. Depuis, l’ancienne route Royale est devenue l’épine dorsale avec un type d’habitat péri-urbain, discontinu et peu dense.

DES HISTOIRES LOCALES

Les églises

Il y en a eu quatre.

La première dépendait de la paroisse de Pech-Busque qui appartenait à l’évêché de St Papoul et qui a été intégrée en  1789 à la nouvelle  commune de Ricaud. Il ne reste rien de ce monument hormis quelques pierres éparses mais son emplacement est connu. Il se situe à l’angle du chemin des plâtrières et du chemin (de terre) de l’église à Souilhanels.

La deuxième, petite et malsaine se trouvait à l’intérieur du fort. Sous la pression de l’évêque de St Papoul, les consuls ont accepté qu’elle soit reconstruite hors les murs.

Cette troisième église consacrée à St Sulpice se trouvait sur le terrain d’un ancien moulin à pastel, à  l’emplacement plus réduit de celle que nous connaissons actuellement. Elle fut consacrée en 1702 et au petit matin du 1° octobre 1846 elle prit feu  avec la chute d’une cloche puis du clocher.

A contre cœur mais par piété religieuse, le conseil municipal décida d’entreprendre la construction d’une quatrième église sur les cendres de l’ancienne avec extension de son périmètre.

Les travaux se sont étalés de 1848 à 1864 dans une ambiance houleuse et 16 ans de péripéties.

Malgré l’emprunt et les subventions les paroissiens durent verser une contribution exceptionnelle de 0,20F. pendant 12 ans et il n’y eu plus d’argent pour construire le clocher.

Cette église est dédiée à la vierge, et renferme la statue , rare, de St Expédy. Les vitraux sont l’œuvre de Dauriac maître verrier toulousain . Le vitrail central est l’expression d’Amédée Crispon, châtelain et maire du village.

La maison commune 

Ce bâtiment public en pierre de taille est le cœur du village; il fait actuellement fonction de mairie mais il fut construit, au début du XX°siècle. pour être aussi  une école avec le logement de l’instituteur au 1° étage.

L’architecture offre une ligne de façade épurée mais imposante où l’équilibre des formes est l’élément dominant avec une exacte répartition des ouvertures de part et d’autre de l’axe central qu’est la porte d’entrée.

Ce bâtiment, fonctionnel pour l’époque, se devait d’être majestueux et imposant du fait de son rôle.

C’est tout à l’honneur du conseil municipal présidé par Emile Raynaud, maire, d’avoir persisté pour que se réalise le projet qui avait été conçu à la veille de la Grande Guerre (marché, financement, maître d’œuvre) et que les premiers coups de canon interrompirent pendant cinq ans.

En 1918, il fallut repartir de zéro et c’est ,enfin, le 21 octobre 1923 qu’ a eu lieu en grandes pompes l’inauguration de la mairie et de l’école.

Préfet, sous-préfet, sénateurs, député, inspecteur d’académie et inspecteur primaire ont honoré les ricaudois de leur présence. Une photo immortalise la scène

Quelques célébrités

Joseph MARTIN DAUCH, unique opposant au serment du Jeu de Paume du 20 juin 1789 était un  homme de lois que la sénéchaussée de Castelnaudary avait désigné comme étant son représentant en qualité de député du tiers état. «  La ville de Castelnaudary ne m’a pas envoyé pour insulter et déchirer la monarchie, je proteste contre le serment adopté »par l’assemblée nationale constituante.

Les métairies de gris et des Pesquiés dont il était propriétaire , à Ricaud lui furent confisqués puis restitués .En 1800, il fut conseiller municipal de notre  commune et il décèdera l’année suivante à 60 ans.

Antoine CAZALA qui a été maire de Ricaud en 1856 était un serrurier reconnu dans le travail ouvragé du fer forgé. Il a réalisé de nombreuses croix de la passion que l’on peut encore voir dans le Lauragais  Ainsi à Baraigne (1780), Labastide d’Anjou (1808),  Castelnaudary, Saint-Papoul,  Airoux et Salles sur l’Hers (1810), Ricaud, les grilles de communion dans l’église de St Félix de Lauragais . 

Antoine CAZALA était l’arrière arrière grand-père de notre Maire actuel, Nicole MARTIN.

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